(En chemin)

Laissant sur le sable espoirs et peurs, je roule et jette sur la grève les coquillages bigarrés de mes  rêves puis me retire en moi oubliant les traces de mon passage.
Me balançant entre silence et courroux, je divague et oublie.
Le temps se suspend. Il m’aspire, je cherche l’air et le perds. Rendue furieuse par le vent et les courants, je me gonfle, m’effraie de ma puissance. A bout de souffle, j’expire, mes tourments-tornades déferlent sur les contrées qui courent et me fuient. Je les noie.
Allant et venant, effaçant mes passages, reprenant sans cesse le même tourment nourrissant et érodant, les pierres témoins de mes va et vient, me déversant et me retirant, sereinement et violemment.
Je me retiens et me répands oublieuse des cycles passées,.
Par petite touche ou grande tornades je témoigne, de petites lames en grandes révolutions, j’accompagne la lune.